« Toute dépendance nait d’un refus inconscient à faire face à sa propre souffrance et à la vivre »

Eckhart Tolle

 

Absence d’un regard parental suffisamment bienveillant, carence émotionnelle remontant à l’enfance… Nous sommes nombreux à projeter nos manques sur notre couple et à chercher auprès de notre partenaire un réconfort affectif.

Mais quand un des deux partenaires ne peut pas s’imaginer sans l’autre, même pendant un très court moment, a une peur maladive d’être abandonné·e et est prêt·e a tout pour éviter cette issue ou est profondément convaincu·e qu’il/elle ne peut exister qu’à travers le regard, l’approbation et l’amour de son/sa partenaire… c’est le signe d’une dépendance affective.

La dépendance affective est toxique et néfaste. Elle est source d’une grande souffrance psychologique et émotionnelle, pour les deux partenaires. Et dans la plupart des cas, elle met le couple en échec.

Alors, comment venir à bout de cette faille de confiance dramatique pour le couple et pour soi-même ?

Qu’est-ce que la dépendance affective ?

Tout amoureux est dépendant – dans une certaine mesure – de l’être aimé et attend de la part de son/sa partenaire, des preuves d’amour, de l’attention, de la présence.

Mais la différence entre une relation équilibrée et une relation de dépendance est le « TROP » que celle-ci induit.

Grande angoisse face à la solitude, incapacité à se valoriser, difficulté à agir par soi-même… Une personne dépendante affectivement vit dans un état d’insécurité permanent et manque cruellement d’estime de soi. Elle a l’impression d’être sans substance, sans valeur, et pense qu’elle est peu – sinon pas du tout – digne d’amour et d’intérêt.

Elle est incapable de vivre par et pour elle-même et pense que sa vie – sa survie même – dépend entièrement de l’autre.

Elle va donc tout faire pour ne pas perdre l’autre, jusqu’à nier totalement ses besoins, bafouer ses valeurs et faire d’elle-même une personne qu’elle n’est pas. 

Pourquoi la dépendance affective est-elle la source de relations toxiques ?

La dépendance affective est un frein à des relations saines et équilibrées car elle n’est pas motivée par l’amour véritable mais par la peur.

La personne dépendante confond « amour » et « besoin » même si, derrière son trouble, existe un authentique et bel amour.

Sans en avoir vraiment conscience, la personne dépendante va faire peser un poids énorme sur son couple en adoptant la stratégie du « donnant-donnant » :  je réponds à tous tes besoins ou demandes, je me sacrifie (voire je me soumets totalement) mais, en retour, j’attends que tu me fasses exister par ton regard, tes marques d’appréciation, ton attention constante.

Mais ce n’est pas vraiment de l’amour. L’autre n’est finalement qu’un instrument pour apaiser sa propre angoisse. « Même si le mot est un peu fort, c’est une sorte de « toxicomanie affective » où le dépendant « consomme » l’autre pour compenser ses carences du passé. » (Christophe Fauré).

Malheureusement, dans la plupart des cas, la personne dépendante finit par engendrer elle-même ce qu’elle redoute le plus… Étouffé·e par ses demandes affectives incessantes et jamais satisfaites, à bout de nerfs à force de pression constante, le compagnon/la compagne fuit et la personne dépendante se retrouve seule.

Peut-on sortir de la dépendance affective ?

Une relation amoureuse saine et équilibrée existe lorsque chacun est responsable de soi-même émotionnellement parlant. Lorsqu’aucune des deux personnes ne cherche à combler le vide de l’autre ou à compenser ou combler son propre vide.

Pour sortir de la dépendance affective, la clé est de prendre conscience des schémas répétitifs qui mènent constamment à l’échec et comprendre les fondements de leur développement. Mais aussi accueillir et accepter la peur, les émotions négatives et la souffrance.

Comprendre aussi qu’autrui ne pourra jamais combler son vide intérieur mais qu’il est possible de développer des ressources pour apprivoiser ce vide. La peur de se retrouver seul·e par exemple peut être vaincue par quelques exercices simples comme aller au cinéma tout·e seul·e, passer une nuit en solitaire etc. Autant de petites victoires qui témoignent d’une maîtrise retrouvée et qui doivent être fêtées.

Introspection, questionnements et remises en question mèneront la personne dépendante vers l’estime, la confiance et l’amour de soi. C’est uniquement à partir de ce socle de bien-être bienveillant qu’il est possible de partager une relation saine et contribuer à l’épanouissement du couple.

Ce chemin est difficile, et douloureux pour les deux partenaires. Si le conjoint non-dépendant peut, avec amour et bienveillance, soutenir son/sa partenaire dépendant·e dans son travail vers l’autonomie et la responsabilisation, une aide extérieure est souvent nécessaire pour notamment aider à désamorcer les peurs les plus handicapantes. Mais mené avec courage et détermination, le travail sur soi de la personne dépendante aboutira progressivement à une relation sereine, équilibrée et enfin harmonieuse.

Vous avez pris conscience de ce cercle infernal et vous souhaitez sortir de cette situation de souffrance dans laquelle vous vous trouvez mais ne savez pas comment vous y prendre ?

Ne restez pas seuls face à ces difficultés.

Contactez-nous pour un premier rendez-vous. Nous prendrons le temps de vous écouter, comprendre les difficultés auxquelles vous êtes confrontés et surtout voir comment nous pouvons vous aider concrètement.

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Pour aller plus loin, nous vous conseillons l’excellent ouvrage de Geneviève Krebs, Dépendance Affective – Six étapes pour se prendre en main et agir, aux Editions Eyrolles.