« Plus on a l’impression d’être privé de liberté à cause de nos enfants, plus on a tendance à leur interdire de choses »

Valérie Roumanoff

 

De nos jours, l’arrivée d’un enfant au sein de notre couple est dans la majorité des cas un choix délibéré. Nous décidons d’être parents, avec la perspective de nous épanouir dans ce rôle de père et de mère. Cet enfant désiré, attendu, est pour chaque parent un projet de réalisation personnelle, une promesse de bonheur et de réussite.

Nous voulons le meilleur pour notre bambin. Et nous sommes déterminés à être à l’image de ces merveilleux parents que nous voyons partout, à la télévision, dans les magazines, autour de nous : hyper-investis, suréquipés, surinformés, prêts à tout pour favoriser le développement du plein potentiel de leur enfant.

Personne ne nous dit que, derrière cet idéal des parents surinvestis, se cachent une pression énorme, une fatigue intense, un stress difficile à gérer…

Alors, n’y a-t-il pas un risque, pour nous comme pour nos enfants, à vouloir se conformer à tout prix à ce modèle ?

Comment et pourquoi nous tombons dans le piège de la « parentalité parfaite »

L’enfance est sans conteste une étape essentielle de la vie, une étape qui va inévitablement façonner l’avenir. Mais la pression qui pèse de nos jours sur les parents pour qu’ils soient parfaits est démesurée.

Il est considéré comme normal que l’éducation de nos enfants nous demande des ressources émotionnelles et matérielles considérables. L’enfance est si sacralisée qu’il ne semble plus aberrant que les parents se sacrifient entièrement pour que leurs enfants aient 3 activités extra-scolaires, aillent dans les meilleures écoles quitte à faire des trajets de fous, aient un confort de vie incroyable…

S’investir autant dans notre rôle parental n’est pas vraiment un choix de notre part. La société nous dicte, à grands renforts d’études sociologiques et de supports pédagogiques, qu’on ne peut pas faire autrement, qu’on ne peut pas envisager avoir un enfant sans compter y mettre le meilleur de nous-même. Sous peine de freiner son développement, le rendre inadapté au monde qui l’attend, compromettre sa réussite future.

Dans ce contexte, être un bon parent dépasse le simple cadre de l’éducation pour devenir un enjeu central dans la définition de soi. Être un bon parent est aujourd’hui un « réflexe social ». Après le personal branding – l’autopromotion permanente – qui s’est imposé dans la sphère professionnelle, c’est maintenant au tour du « parental branding » de régir la sphère parentale.

« Dans une étude collective publiée en 2012 dans le Journal of Child and Family Studies, on apprend que le fait de s’envisager comme parent idéal peut déboucher, en particulier pour les femmes, sur une augmentation du stress et de la culpabilité, suscitée par la peur de vivre une évaluation négative de ses habiletés éducatives. C’est donc bien le regard social, et non l’intérêt premier de l’enfant, qui commande aujourd’hui les comportements. »

Quels sont les risques à vouloir se conformer à tout prix à ce modèle idéal ?

Quels que soient l’organisation mise en place, les trésors de patience déployés, les sacrifices financiers qu’on accepte de faire… on se rend vite compte de la distance qui existe entre le comportement parental idéal et ce qu’on peut réellement faire.

Cette incapacité à atteindre cette image du père et de la mère parfait·e génère chez les parents de l’anxiété, la crainte d’échouer, la culpabilité de faire mal ou de ne pas avoir fait le mieux possible… Et puisque la société nous dit que nous avons tout pour réussir – il suffit d’appliquer les bonnes méthodes – nous en concluons que c’est notre faute si cela ne fonctionne pas – l’échec de l’éducation de notre enfant est vécu comme un échec personnel.

Et puis, être hyper investi·e, 100% disponible, câblé·e en permanence sur les besoins-envies-attentes de son enfant, être sur tous les fronts, faire en sorte d’être performant·e en tout … c’est épuisant ! À tel point qu’on peut en venir à faire un burn-out parental – eh oui, comme un burn-out professionnel – et se retrouver dans un état d’épuisement physique et émotionnel total.

Stress, surmenage, culpabilité, oubli de soi, frustrations, sentiment d’incapacité, perte de confiance en soi, dévalorisation… Dans notre société actuelle, le développement de nos enfants se fait au détriment de notre propre équilibre physique et émotionnel et de notre épanouissement personnel et de couple. Dans ce contexte, les disputes, les tensions sont inévitables au sein du couple. Au-delà d’un quotidien très lourd à vivre et à gérer pour tous, parents comme enfants, ces tensions peuvent même aboutir à une séparation.

Avec tout ce que cela implique de traumatisant pour l’enfant.

Ne sommes-nous pas arrivés au résultat inverse de ce que l’on recherchait dans cette parentalité idéale ?

Ne pas être un parent parfait, c’est normal… et même certainement mieux !

Il est temps de remettre en question ce modèle de la « parentalité parfaite ». Et si la société nous dit que pour être de bons parents, nous devons y mettre « le meilleur de nous-mêmes », alors plutôt que de penser classement des écoles, quantité d’activités extrascolaires, ou notoriété des médecins pédiatres, demandez-vous :

Quel est le ciment de votre famille ? Votre couple.

Qu’est-ce qui garantit à vos enfants un foyer aimant et sécurisant ? L’amour que vous partagez avec votre conjoint, votre entente réciproque, votre soutien mutuel.

Qu’est-ce qui vous met en disponibilité pour votre enfant ? Votre équilibre et votre épanouissement personnel.

Si vous voulez apporter à votre enfant tout l’amour dont il a besoin, vous devez avant tout prendre soin de vous et de votre couple. Comme vos enfants, votre couple a besoin qu’on lui accorde de l’attention et de recevoir des preuves d’amour. Et un couple épanoui, aimant et amant, est un couple qui, au lieu d’enchainer des corvées, prendra plaisir à être parents.

Vous devez prendre soin de vous aussi. Prendre du temps pour vous reposer, décompresser, faire des choses qui vous nourrissent au lieu de vous épuiser. Moins de pression, moins de stress, vous permettront d’être plus à l’écoute de vos enfants, plus disponibles pour leurs problèmes, plus attentifs à leurs vrais besoins.

Oubliez l’éducation positive, la parentalité parfaite et la liste interminable d’injonctions qui vous engloutissent ! Oubliez ce que la société aimerait que vous fassiez pour votre enfant et demandez-vous avec objectivité ce qui favoriserait l’épanouissement de chacun des membres de votre famille.

Par exemple : supprimer une activité extrascolaire permettrait à votre enfant, en rentrant plus tôt, de faire ses devoirs en étant moins fatigué, de diner à l’heure et de profiter de la soirée pour s’amuser. Cela vous permettrait aussi à vous d’avoir le temps, au moins une fois par semaine, de prendre un verre en tête-à-tête avec votre conjoint… Moins de fatigue, moins de tension, moins de cris et d’énervement général… le bénéfice pour votre enfant sera total !

Prendre du temps pour soi et son couple, c’est laisser à votre enfant le temps, lui aussi, de se ressourcer, se reposer, penser, rêver, s’ennuyer, jouer – et ne pas toujours être dans la performance, l’apprentissage, le développement personnel à outrance. Contrairement à ce que la société essaie de nous faire croire, penser à soi n’est pas égoïste – c’est le meilleur moyen d’être disponible pour les autres.

Cette idée que les parents sont 100% responsables du bon développement de leur enfant est fausse, car la réussite future de chaque enfant repose sur bien d’autres paramètres. Cette culpabilité que la société fait peser sur les parents est dangereuse car elle peut entrainer des conséquences très néfastes pour l’enfant, et tend à ôter aux pères et aux mères le vrai plaisir d’être parents. Un couple aimant composé de deux personnes épanouies est le meilleur garant du développement harmonieux d’un enfant, et lui offrira en prime une image positive et valorisante de la parentalité !

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Vous avez pris conscience des dérives de la « parentalité parfaite » et vous souhaitez redonner du souffle à votre couple et votre vie de famille mais ne savez pas comment vous y prendre ? Ne restez pas seuls face à ces difficultés.

Contactez-nous pour une première séance sans engagement. Nous prendrons le temps de vous écouter, comprendre les difficultés auxquelles vous êtes confrontés et surtout voir comment nous pouvons vous aider concrètement.