Quelques heures de courage personnel pour au moins autant d’années de sérénité !

 

Rien que par son ampleur, le divorce est devenu une institution “aussi honorable que le mariage” (Françoise Dolto) : aujourd’hui, toutes les familles sont confrontées à une séparation ou à un divorce.  Directement ou indirectement : “ma soeur et mon beau-frère sont séparés.  A cause de la garde alternée, nos enfants ne voient presque plus leurs cousins”.

 

Or, trop de séparations se passent encore mal, voire très mal : le conflit s’enkyste et trop d’enfants portent pendant des années les valises de leurs parents déchirés.  Pourquoi avons-nous tant de mal à réussir notre séparation alors que des solutions existent ?

 

Catalogue de quelques fausses idées reçues :

 

  1. Se séparer est devenu un jeu d’enfant. En instituant le “divorce-éclair” (selon la formule du juge Pierre Stéphany), le législateur a donné la fausse impression que se séparer se limite désormais à l’accomplissement de quelques formalités.  Rien n’est moins vrai : l’apposition d’une signature au bas d’un document ne permettra jamais de régler le ressenti émotionnel énorme qui accompagne toute séparation.

 

  1. Le juge va régler notre séparation. Le tribunal prononce certes le divorce, mais le juge n’a ni le temps ni le pouvoir d’entendre les émotions et de faire en sorte que certaines choses soient dites.  Alors oui, le divorce sera prononcé, mais cette étape a-t-elle seule la vertu miraculeuse de panser les blessures du passé ?  de transformer une relation conjugale souvent conflictuelle en une relation parentale harmonieuse ?  Non, évidemment.  Et le désormais ex-couple, avec les enfants qui en sont issus, risque de vivre encore longtemps avec les fantômes de son passé.

 

  1. On doit absolument éviter le conflit. Le conflit, puisqu’il existe, a un sens.  Il parle de nous, de nos espoirs déçus, de nos brisures, bref de notre relation.  On ne l’apaisera pas sans l’avoir visité.  Si pour protéger ses enfants ou soi-même, on fait tout pour l’ “éviter” – ce qui en soi est un leurre puisqu’on ne peut pas éviter ce qui est -,  si on l’enferme à double tour, le conflit risque fort de se nourrir de ce déni et de ressurgir ultérieurement d’une façon ou d’une autre, avec une force décuplée.

Apprenons plutôt à reconnaître le conflit, à accepter qu’il est.  Ensuite, pour l’apaiser, apprenons à le dire : la parole a un pouvoir de guérison insoupçonné.  Mais pas n’importe comment .  Pas comme il se joue à la maison, pas sans filet.  Mais dans un environnement sécurisé où chacun pourra se connecter à ses émotions – colère, tristesse, peur, douleur – et les exprimer, sans pour autant que l’autre se sente agressé.

 

  1. Si on va en médiation, je devrai faire des concessions. Ce présupposé est lié à la vision qu’on a généralement d’une négociation : je veux blanc, tu veux noir, on sera donc très certainement obligés de finir par s’accorder sur une zone grise.  Et je n’en veux pas, parce que je suis convaincu d’avoir raison, d’être dans mon droit.

En médiation, il n’est nullement question de faire des concessions.  La médiation, c’est un peu comme le jeu de l’oie : chacun est sur ses positions au départ, mais si on veut progresser, il y a une case par laquelle il faut nécessairement passer : la case “émotions”.  Cette case va permettre d’identifier, derrière les positions, les réels besoins de chacun.  Ce qui va permettre de s’affranchir des positions et d’élargir le champ des possibles, pour atteindre un accord où chacun se sentira reconnu et rencontré.