« Ce ne sont pas les enfants qui éteignent la flamme du désir : ce sont les adultes qui ne savent pas garder l’étincelle vivante. » Esther Perel

Quel merveilleux événement que l’arrivée d’un enfant au sein du couple !
On est en extase devant ce petit être qui est le parfait prolongement de notre histoire d’amour, la concrétisation de la famille qu’on avait à cœur de fonder.
On s’imagine que tout va être encore plus beau, encore plus fort.
Mais trop souvent, on oublie ce petit morceau de la phrase : « au sein de ».
L’arrivée d’un enfant dans notre vie représente un chamboulement psychologique qui modifie notre rapport à presque tout ce qui nous entoure, mais également un bouleversement matériel qui nécessite une redistribution de toutes nos ressources qui se trouvent dès lors moins nombreuses pour notre couple.
Cet événement, aussi merveilleux soit-il, à des effets spectaculaires sur notre vie – et très souvent, des effets dévastateurs sur notre vie sexuelle.
Mais, pourquoi le fait de devenir parents est-il une si grande menace pour la vie érotique de notre couple ?

L’arrivée d’un enfant sonne le glas de la spontanéité

Les enfants sont un émerveillement, un des plus beaux cadeaux de la vie. Mais ils sont en même temps un petit cataclysme. Ces nouveaux arrivants modifient radicalement notre façon d’être et de penser. Quand on devient parent, l’équilibre entre liberté et responsabilité est totalement modifié. Au lieu de se laisser aller à la spontanéité, l’imprévisible, la frivolité, nous devenons prudents, prévoyants, nous planifions tout. Pour leur apporter sécurité et confort pour leur développement. Mais aussi pour combattre le sentiment profond d’angoisse qui nous assaille quant à ce qui pourrait leur arriver.
Donc nous essayons de tout contrôler et de maitriser l’imprévisible en structurant les choses au maximum.
Or, « si la vie de famille prospère dans un climat de confort uniforme, l’érotisme lui se nourrit d’imprévisible, de spontanéité, de risque. Le désir est une force qui n’aime pas qu’on la maîtrise. Quand la répétition, les habitudes et les règles s’installent, il suffoque. Il se change en ennui et parfois même, dans les cas extrêmes, en répulsion » (Esther Perel).
Alors comment arriver à concilier les 2 ? Nous sommes tous d’accord, la vie de famille requiert un minimum d’organisation. Fini le temps où on pouvait faire l’amour sur un coup de tête – surtout si c’est l’heure de la sortie de l’école ! Pour préserver un territoire érotique qui n’appartient qu’à notre couple, le meilleur moyen est donc d’intégrer notre vie amoureuse dans l’organisation globale de la famille ! Programmer ses rendez-vous amoureux peut sembler étrange et contraire au principe de spontanéité justement, mais en réalité cela implique une intentionnalité qui donne de la valeur à ce que l’on fait. On y pense, on se prépare, on imagine comment cela va se passer… comme de longs préliminaires qui attisent notre flamme érotique. Exactement ce qu’on faisait à l’époque où on sortait ensemble !

Le temps manque souvent. Il peut aussi arriver que l’envie ne soit plus au rendez-vous…

Les femmes qui deviennent mères éprouvent souvent une baisse significative de leur libido. Généralement, c’est l’épuisement dû à toutes les tâches qu’elles ont à accomplir qu’elles rendent responsable de cette perte de désir. Arriver à conjuguer carrière professionnelle, éducation des enfants et gestion du ménage – même si les tâches ont tendance à mieux se répartir au sein du couple de nos jours – est effectivement une véritable gageure !
Mais alors, où trouvent-elles le temps et l’énergie pour préparer des fêtes d’anniversaires, organiser des sorties éducatives et ludiques, préparer le gâteau préféré de chacun de leurs enfants tous les weekends… ?
« Si on ne réduit pas l’érotisme au sexe, mais si on le considère comme une énergie vibrante et créative, on constate que bien souvent l’énergie que les femmes pensent avoir perdue est encore bien présente – mais elle s’est réorientée » (Esther Perel). Quand elles deviennent mères, l’énergie des femmes n’est plus dirigée vers leur partenaire, ni vers elles-mêmes, mais quasiment exclusivement vers leurs enfants.
L’énergie, et la sensualité aussi. La plupart des mères éprouvent (en toute pureté bien sûr) un plaisir physique intense auprès de leurs enfants. Les caresses, les baisers, les câlins… dans une certaine mesure, ces plaisirs sensuels viennent se substituer à ceux qu’elles partageaient avec leur partenaire.
Entièrement dévolues à leurs enfants, à la fin de leur journée épuisante, les femmes n’ont plus rien à donner. Mais quelque part, elles ne demandent plus rien non plus.

Retrouver la femme qui s’est effacée derrière la mère

Se libérer affectivement mais aussi sur un plan pratique de l’attention disproportionnée que les femmes accordent à leurs enfants est d’autant plus difficile que, dans notre culture, le dévouement maternel est assimilé au sacrifice de soi et à l’abnégation. Ce phénomène est amplifié par l’importance sans précédent accordée aux enfants dans les couples modernes.
De nos jours, les femmes sont pressées de tout sacrifier pour assurer un développement parfait à leurs enfants. Sacrifier leur liberté, leur indépendance, leurs propres besoins et envies. Tout ce qui fait d’une femme une personne à part entière, qui a le droit d’exister en dehors de la parentalité.
Alors comment arriver à reconquérir son droit au plaisir quand on est totalement soumise aux besoins de ses enfants, engloutie par son rôle de mère, submergée par les tâches domestiques ?
D’une part, le père, qui est encore souvent le plus autonome des deux parents, peut aider sa femme dans cette reconquête en l’invitant à réinvestir de l’énergie dans le couple et en participant plus activement aux tâches ménagères. « Personne ne va te donner une médaille si tu ranges ces jouets alors laissons tomber ça un petit moment et allons faire une sieste ». « La baby-sitter est là – asseyons-nous quelques minutes et buvons un verre de vin avant qu’elle parte »
D’autre part, en travaillant sur la conscience de soi et non plus sur le sacrifice de soi, en luttant contre son sentiment d’égoïsme coupable et en apprenant à être plus généreuse avec elle-même, la mère pourra être plus réceptive à l’aide apportée par son partenaire et plus ouverte à ses propositions, ainsi qu’à son propre désir.

Le tabou de la chute de la libido chez l’homme

Que les mères aient moins de désir est un fait que l’on pourrait dire établi.
Mais la chute du désir chez les pères, bien qu’assez courante, reste un véritable tabou.
Bien que supposé être un moment magique, l’accouchement auquel les pères modernes assistent de plus en plus souvent, peut être vécu comme un événement choquant, voire traumatisant : il n’est pas rare que les hommes éprouvent des difficultés à ré-érotiser le corps de leur femme après avoir vécu cet acte d’aussi près.
Le passage du statut d’amante à celui de mère peut aussi modifier la façon dont les hommes considèrent leur partenaire. Certains voient la mère de leurs enfants comme une nouvelle entité à qui on doit amour et respect et n’arrivent plus à l’envisager comme un partenaire sexuel. Dans nos sociétés actuelles, la maternité n’a rien perdu de son aura de moralité, voire de sainteté. La mère moderne est sexuellement invisible et ce phénomène est encore profondément ancré dans le psychisme aussi bien des femmes que des hommes.
Une femme peut avoir du mal à interpréter les réticences de son conjoint et les prendre comme des attaques personnelles. S’ouvrir à sa partenaire sur l’origine de ses craintes et de ses blocages peut permettre de dépasser ses freins au désir amoureux pour retrouver une vie érotique harmonieuse.

La chute du désir n’est pas le résultat inéluctable du fait de devenir parent. Maintenir une vie érotique dans le contexte de la parentalité demande beaucoup d’attention et d’intention. Comprendre les paradoxes inhérents à la parentalité, identifier l’origine des problèmes auxquels on est confrontés, et par-dessus tout instaurer un dialogue dans le couple sur ce sujet délicat et complexe, permet de trouver le chemin vers une parentalité sexuellement épanouie.

Votre vie érotique s’est émoussée avec l’arrivée des enfants ? Vous ressentez de la frustration, du ressentiment, de la gêne peut-être vis-à-vis de votre partenaire et vous n’arrivez pas à engager le dialogue ? Ne restez pas seuls face à ces difficultés.
Contactez-nous pour une Séance Découverte Gratuite sans engagement. Nous ferons plus ample connaissance et verrons comment nous pouvons vous aider.

Nous vous invitons aussi à lire le livre d’Esther Perel, L’intelligence érotique. Faire (re)vivre le désir dans son couple.

Valérie Claeys & Yves Dinsart

Ensemble nous accompagnons les couples en difficulté