Une des grandes angoisses des parents qui se séparent est la crainte de traumatiser leurs enfants pour la vie ; avec le risque par la suite d’interpréter tout ce qui leur arrive comme une conséquence directe de cette séparation.

Alors oui, clairement, vivre le divorce de ses parents est une épreuve très douloureuse. Mais rester ensemble pour les enfants alors qu’il n’y a plus d’amour et des tensions permanentes n’est pas une solution non plus. Et puis n’oubliez pas que les enfants de parents en couple connaissent eux aussi des difficultés dans leur développement et pourtant leurs parents sont toujours ensemble.

Vivre le divorce de ses parents reste un moment difficile mais ce qui est encore plus difficile pour les enfants, c’est d’être pris au milieu du conflit de leurs parents et de les voir se déchirer pendant des années parce qu’ils n’ont pas réussi à couper le lien conjugal et mettre en place une coparentalité respectueuse.

Selon la psychologue Diane Drory, presque toutes les séparations sont conflictuelles : la distinction entre « séparation réussie » et « séparation conflictuelle » ne tient qu’à un fil.  La différence, essentielle, tient dans la durée du conflit ainsi que dans le degré d’implication de l’enfant dans le conflit. Clairement, enfants comme parents seront « bousculés » pendant l’année ou les deux années qui suivent la séparation. Ce qui fera la différence, ce sera votre capacité à prendre le recul nécessaire afin de ne pas rester bloqué·e dans la souffrance et le ressentiment. Ce faisant, vous vous donnez toutes les chances de mettre en place une communication correcte entre vous afin de continuer à coopérer et assurer vos responsabilités éducatives.

Depuis plus de 8 ans, nous accompagnons de nombreux  couples vers une séparation respectueuse. Découvrez ici les 7 conseils que nous leur partageons lors de nos séances de médiation.

  1. L’annonce de la séparation est un moment fort pour les enfants. Idéalement, prenez le temps de réfléchir ensemble à la manière dont vous voulez le faire et à ce que vous voulez leur dire. Surtout, faites leur comprendre qu’ils ne sont en rien responsables de votre séparation. Même si l’un de vous deux n’a pas décidé la séparation, il est recommandé d’annoncer la séparation à deux.
  2. Soyez attentif·ve à ne pas critiquer l’autre devant votre enfant. Même si vous estimez qu’il s’agit d’une vérité objective, il n’est pas nécessaire que votre enfant l’entende. Ce sera parfois difficile, surtout au début, mais n’oubliez pas que votre enfant vous aime tous les deux et que cela le blesse profondément de vous entendre vous critiquer mutuellement. Faites la distinction entre votre identité d’ex-conjoint et de parent. Ce n’est pas parce que l’autre a pu être un « mauvais » conjoint à vos yeux qu’il·elle ne peut pas être un « bon » parent.
  3. Votre enfant a besoin d’avoir des contacts fréquents et réguliers avec ses deux parents. Facilitez le contact avec l’autre parent quand votre enfant est chez vous. Faites preuve de souplesse dans l’organisation des différentes périodes d’hébergement. Mais surtout, donnez à votre enfant la « permission » d’aimer son autre parent. Ici encore, ce sera parfois difficile surtout si vous êtes très blessé·e par la séparation. N’oubliez pas que votre enfant reste l’enfant de ses deux parents et qu’il continue à vous aimer tous les deux.
  4. Veillez à ce que votre enfant reste à l’écart de vos disputes. De même, ne faites pas de lui votre confident ou votre soutien, il a besoin de vivre son enfance ou son adolescence. Evitez également de lui faire jouer le rôle de messager.
  5. Accordez-vous le plus possible sur les grandes lignes éducatives que vous souhaitez appliquer pour votre enfant. Montrez à votre enfant que malgré la séparation vous continuez à vous concerter pour les décisions importantes et que vous arrivez à collaborer dans les moments difficiles de sa vie.
  6. Votre enfant a besoin de la contribution financière de ses deux parents, selon vos moyens disponibles, pour lui permettre de se développer dans les meilleures conditions possibles. Il y va de votre responsabilité à tous les deux.
  7. Lorsqu’il y a recomposition familiale, votre enfant a besoin d’intimité, seul avec vous. Evitez d’imposer systématiquement votre nouveau compagnon/nouvelle compagne à votre enfant. Ce dernier point peut être extrêmement sensible et difficile à vivre lorsque l’arrivée d’un·e compagnon/compagne se produit concomitamment à la rupture du couple parental.

Vous l’aurez compris, la façon dont vos enfants vont vivre votre divorce dépendra largement de vous, de votre capacité à gérer vos émotions, prendre soin de votre souffrance et prendre le recul nécessaire pour reconnaître ce qui vous appartient dans cette séparation.

Ce chemin n’est pas facile, cela va vous demander un énorme effort d’introspection, de prendre sur vous et de faire passer le bien-être de vos enfants avant votre souffrance.

Il y aura certainement des dérapages, des moments de doutes et de découragements, soyez indulgent·e avec vous et avec l’autre.

Prenez chacun l’engagement d’être un parent responsable et mettez toutes les chances de votre côté pour installer une coparentalité respectueuse.

 

 

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