La médiation, vous connaissez déjà.  Mais on entend aussi de plus en plus souvent parler de « co-médiation ».  De quoi s’agit-il concrètement ?  Et quels sont les avantages de cette formule ?

Deux intervenants  « multi-partiaux »

La principale différence entre une médiation et une co-médiation, c’est qu’au lieu d’avoir un médiateur ou coach de couple en face de vous, vous en avez deux pour vous aider à élaborer ensemble des solutions aux difficultés de couple que vous rencontrez.

Cela ne signifie pas qu’il y aurait un médiateur ou un coach pour chacun de vous, que chaque médiateur représenterait et défendrait en quelque sorte les intérêts d’un conjoint. Il n’y a pas d’alliance ou de parti-pris à chercher dans la formule : les co-médiateurs restent impartiaux ou, comme nous aimons à le dire, « multi-partiaux », c’est-à-dire que leur rôle consiste à rejoindre chacun des conjoints là où il se trouve, à entrer en empathie avec chacun d’eux, à comprendre leurs besoins et leur réalité propres.

Entrer alternativement et pleinement en résonance avec la réalité vécue par chacun n’est toutefois pas chose aisée. Parce que les points de vue exprimés par chaque conjoint qui rencontre des difficultés dans son couple sont nécessairement différents, voire aux antipodes l’un de l’autre : souvent, ils ont la perception de ne pas vivre du tout la même réalité. Cela requiert donc une solide dose de plasticité intellectuelle et, surtout, la capacité d’être simultanément « multi-empathique », de rejoindre alternativement à quelques instants d’intervalle l’un et l’autre. Or, l’on sait que le médiateur, tout comme le thérapeute ou le coach, n’est évidemment pas à l’abri de ses propres biais : son vécu influence sa perception des réalités vécues par les personnes qu’il a en face de lui.  Le risque de partialité est donc omniprésent et la sortie de route guette à chaque tournant.

Dans ces circonstances, le fait d’avoir deux intervenants dans une médiation est un grand avantage. D’abord parce que les biais de l’un ne sont pas ceux de l’autre : les deux co-médiateurs auront nécessairement des vécus différents, des formations idéalement complémentaires, un background personnel et familial distinct, une situation conjugale propre, etc. Ensuite parce que si un des deux médiateurs glisse inconsciemment vers une forme de partialité, le rôle de l’autre consiste à corriger le tir et rééquilibrer le processus. De sorte à toujours maintenir le cap de la multi-partialité.

Chez CoMédiation, nous avons consciemment choisi de travailler ensemble parce que nos vécus sont différents et complémentaires. Si nous disposons d’un socle commun de formation en médiation et en psychologie systémique, notre formation de base et notre parcours professionnel sont différents, de même que nos parcours de vie. Nous croyons aussi que le fait d’être un homme et une femme nous aide considérablement pour rejoindre le point de vue des personnes qui viennent nous consulter.

Une distribution des rôles changeante et fluide, où le couple est toujours au centre

La co-médiation, c’est un peu comme une danse : ça implique en premier lieu de connaître les pas pour éviter de se marcher constamment sur les pieds au détriment des couples qui consultent.  Mais aussi de bien se connaître mutuellement pour sentir à quel moment intervenir et à quel moment prendre du recul.

Quand l’un des deux médiateurs ou coachs intervient, l’autre est dans une posture d’observation et d’analyse.  Il est entièrement présent à ce qui se dit et se joue dans la pièce, tout en étant capable de prendre du champ, de la distance, et donc d’analyser, ce que le médiateur qui parle a moins le loisir de faire. Celui qui intervient n’est en effet pas capable de garder un contact oculaire permanent avec les deux personnes en face de lui ni de prendre la même distance que celui qui observe par rapport à ses propos ou aux réactions des parties prenantes.

Dans un processus de co-médiation réussi, chaque médiateur prend donc tantôt la posture d’intervenant, tantôt celle d’observateur. Dans cette dynamique, il n’est pas rare que celui qui observe intervienne pour nourrir la conversation de la perception qu’il a eue d’un non-verbal ou pour partager une analyse que sa distance lui a permis de développer.

Quand il est ainsi dansé de manière fluide et harmonieuse, le processus de co-médiation prend tout son sens et exprime son plein potentiel au service des couples.

Deux intervenants pour le prix d’un, vraiment ?

La co-médiation ne se joue toutefois pas toujours à temps plein : certains médiateurs, juristes de formation par exemple, choisissent de mener seuls un processus médiation et de s’adjoindre les services d’un co-médiateur psychologue de formation uniquement pour certaines séances qui s’annoncent émotionnellement plus chargées (exemple dans le cadre d’une séparation : la détermination de la répartition de l’hébergement des enfants).

Les émotions sont toutefois au cœur même de tout processus qui met en scène un couple aux prises avec des difficultés. De notre expérience, quand un couple souffre et se déchire, tous les sujets sont potentiellement chargés d’émotion. Et quand une émotion s’exprime, le rôle premier du médiateur est de la reconnaître et de l’accueillir.  Tout de suite. Car tant que l’émotion ressentie – qui, rappelons-le, est toujours légitime à la différence parfois de la façon dont nous l’exprimons  – n’est pas reconnue, aucune solution n’est accessible. Il n’y a donc pas moyen de « parquer » une émotion et de la re-convoquer lors d’une séance ultérieure.

Chez CoMédiation, nous avons pris le pli de recevoir toujours à deux les couples qui nous consultent, quel que soit le sujet abordé. Pour pouvoir à tout moment accueillir pleinement les émotions exprimées et aborder de façon optimale les nombreux thèmes qui font le quotidien des couples en difficulté.

Est-ce que, du coup, une co-médiation coûte plus cher qu’une médiation ?  Pas vraiment, en réalité.  D’une part parce que le fait d’être deux rend le processus d’accompagnement beaucoup plus efficace – vous avancez plus vite vers des solutions concrètes, et le nombre de séances s’en trouve donc diminué – et d’autre part parce qu’en ce qui nous concerne, nous avons fait le choix de limiter nos tarifs horaires de sorte à ce que le surcroît de confort que la co-médiation nous apporte ne se fasse pas au détriment de votre portefeuille.

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Vous souhaitez en savoir plus sur la co-médiation ? Nous vous invitons à visionner l’émission Tendances Première (RTBF) consacrée à ce sujet, à laquelle nous avons participé.

Vous rencontrez des difficultés dans votre couple et vous croyez qu’une co-médiation pourrait vous aider ? Contactez-nous pour une Séance Découverte sans engagement.

Valérie Claeys & Yves Dinsart

Ensemble nous accompagnons les couples en difficulté